Depuis de nombreuses années, internet et les droits de propriété intellectuelle (DPI) sont confrontés aux dérives en lien avec le secteur pornographique.
L’atteinte aux DPI sur le net peut évidemment être caractérisée par des noms de domaine portant des extensions classiques qui renvoient vers des sites à caractère pornographique (ex. : nom de domaine prada-girls.com constitué de la marque notoire PRADA qui pointait vers un site web offrant des services d’escorte et contenant des photos érotiques d’escorte). Cette atteinte est encore plus évidente lorsque le nom de domaine en question comporte une extension clairement pornographique.
En effet, dès 2011, de nouvelles extensions explicites d’un contenu pour adultes comme les extensions .XXX, .PORN, .SEX, .ADULT sont venues concurrencer le .com laissant libre cours à des acteurs malintentionnés.
Qui dit nouvelles extensions, dit nouvelle forme de cybersquattage. Nous avons ainsi découvert le pornosquatting qui consiste à tirer profit de la renommée d’une marque antérieure, en la reproduisant ou l’imitant dans un nom de domaine afin d’attirer l’internaute vers un site à caractère pornographique.
Lors du lancement de ces extensions, à haut potentiel de cyberattaque, l’enregistrement de ces extensions était soumis à des règles strictes, à savoir :
- les personnes qui souhaitaient enregistrer un nom de domaine .XXX devaient prouver leur appartenance à l’industrie du divertissement pour adultes et qu’elles comptaient utiliser le nom de domaine pour héberger des contenus ;
- ou qu’elles étaient titulaires d’une marque enregistrée et qu’elles souhaitaient enregistrer un nom de domaine contenant leur marque à des fins de protection.
- le nom de domaine était bloqué pour 10 ans, le titulaire du nom de domaine en .xxx ne pouvait pas faire rediriger ce nom de domaine et donc ne pouvait pas rendre ce nom de domaine actif.
Cette mesure permettait aux titulaires de marques de se protéger contre des tiers malveillants qui auraient pu tenter de réserver un nom de domaine en .xxx, .porn, .sex, .adult reprenant une marque enregistrée pour détourner le trafic de ce nom vers des sites pour adultes, et portant ainsi atteinte à la marque.
Au bout des 10 ans, soit en 2021, le registre du .xxx a remplacé cette mesure de blocage par deux nouvelles offres : AdultBlock pour les noms de domaine en .xxx, et Adultblock+ pour les noms de domaine en .xxx, .porn, et .sexy qui permettait encore de se prémunir contre ces atteintes.
Depuis novembre 2024, il est d’autant plus important de mettre en place des mesures de blocage de ce style puisque l’Icann (organisme régulateur des noms de domaine) a levé toutes les restrictions, libéralisant ainsi l’accessibilité à la réservation de ces extensions .xxx.
Les conséquences de cette libéralisation sont :
- l’augmentation massive du nombre de réservations en .xxx
- et donc l’augmentation du risque de pornosquatting.
Comment agir ?
- Faire le point sur votre portefeuille de noms de domaine pour identifier les marques qui doivent être réservées en .xxx
- Mettre en place des mesures de blocage pour ces dernières et/ou le cas échéant, vérifier la couverture des mesures de blocage existantes (par ex : pour couvrir toutes les variantes linguistiques de la marque concernée).
- Pour les noms de domaine en .xxx dont vous êtes déjà titulaires, vérifier la redirection mise en place sur ces noms.
Nous sommes à votre disposition pour étudier votre portefeuille de marques et de noms de domaine, et vous accompagner au mieux dans votre stratégie de protection digitale !
N’hésitez pas à contacter les experts de MIIP – MADE IN IP sur ces questions !


