Fraude au changement de RIB : quelques bonnes pratiques pour limiter les risques

Les exemples de fraude au changement de RIB fleurissent autour de nous avec toujours le même scénario d’escroquerie aboutissant au paiement d’une vraie facture sur le RIB d’un escroc. Deux parties se retrouvent alors lésées : le client et son prestataire, ce qui a malheureusement tendance à effriter les relations.

Si la fraude est connue, elle reste fréquente et efficace. Pourtant, il existe quelques mesures simples à mettre en place pour éviter le pire.

LE SCENARIO

Une entreprise A reçoit une facture légitime d’une entreprise B.

Un escroc s’introduit dans le système informatique de l’une ou l’autre des entreprises et accède à la facture et aux contacts internes des entreprises (nom, prénom, adresse email, fonction) liés à cette facture.

L’escroc envoie un email par lequel il relance l’entreprise A en lui demandant le règlement de cette facture tout en l’informant de la modification du RIB sur lequel le paiement doit être effectué.

Cet email est transmis par le biais d’une adresse email identique à celle du contact habituel avec, le plus souvent, une légère modification par rapport au nom de domaine de B telle que jacques.dupond@exemples.com au lieu de jacques.dupond@exemple.com.

A paye la facture légitime sur le RIB frauduleux.

B n’étant pas payé relance A.

La fraude est alors découverte et des discussions s’amorcent pour régulariser la situation financière :

  • B demandant à être payé et reprochant à A son manque de vigilance sur ce changement de RIB illégitime
  • A considérant avoir déjà payé et reprochant à B d’avoir laissé un tiers réserver un nom de domaine si proche du sien permettant que l’escroquerie se produise.

QUELQUES BONNES PRATIQUES A METTRE EN ŒUVRE

# Sensibiliser, en particulier les services comptables, sur ce type de fraude et autres cas de cybercriminalité

# Mettre en place des process en cas d’information sur un changement de coordonnées bancaires :

  • Vérifier dans quelle mesure le mail est suspect (orthographe et grammaire, langue, identification des contacts, adresse email d’expédition, localisation géographique du compte bancaires …)
  • Appeler le contact habituel au numéro de téléphone déjà connu (et pas celui indiqué dans le mail potentiellement frauduleux) pour vérifier la légitimité de la demande de changement de RIB

# Implémenter des systèmes qui permettent d’un point de vue technique, via une politique DMARC, d’empêcher des tiers d’envoyer des emails partant d’une adresse authentique

# Mettre en place une veille adaptée parmi les noms de domaine sur la marque qui porte les adresses emails de l’entreprise pour être en mesure de détecter les cas de cybersquatting

# Avoir décidé d’une stratégie d’analyse et de réaction claire et efficace qui peut être activée immédiatement (puisque les fraudeurs vont très rapidement dans ce genre d’escroquerie) pour faire couper les serveurs de messageries d’un nom de domaine frauduleux et faire supprimer ou récupérer ce nom.

Ces mesures qui sont principalement organisationnelles et stratégiques peuvent à la fois permettre d’éviter le scénario de cette escroquerie et conforter les discussions avec le partenaire en termes de responsabilité.

Si toutefois la fraude est malheureusement avérée, il est également impératif :

# d’enquêter sur la façon dont l’intrusion dans les systèmes d’information a été opérée par le fraudeur

# de prendre les mesures techniques et organisationnelles nécessaires pour sécuriser les SI

# le cas échéant, s’il y a eu une faille, de vérifier dans quelle mesure une notification de violation de données personnelles doit être déposée auprès de la CNIL (ce qui légalement est exigé dans les 72h à compter de la connaissance de la violation)

# et de porter plainte le plus souvent pour escroquerie, usurpation d’identité, extraction frauduleuse de données, accès et maintien frauduleux au sein d’un système d’information.

Parmi les différentes mesures évoquées, nos équipes sont en mesure de vous faire bénéficier de leur expertise pour :

  • déterminer quelle sont les veilles adéquates à mettre en place en fonction de ces objectifs de cybersécurité pour détecter les réservations de noms de domaine trop approchants et vérifier si les serveurs de messageries ont été activés
  • réfléchir et fixer en amont la stratégie de réaction qui sera à mettre en œuvre, de façon urgente, en fonction des typologies possibles de résultats
  • recevoir et analyser les résultats obtenus via cette surveillance et confirmer les démarches recommandées
  • mettre en œuvre les actions nécessaires comme : obtenir le gel du nom de domaine auprès du registre, engager la responsabilité de l’hébergeur, bloquer l’envoi d’email à partir du nom de domaine litigieux, engager des procédures extrajudiciaires (Syreli, UDRP etc.) pour récupérer le nom de domaine et donc supprimer le risque de piratage

Nos équipes sont bien sûr à votre disposition pour échanger sur ce sujet et vous aider à mettre en place les mesures utiles en fonction de votre situation.

Par Charlotte URMAN & Aurore BOIBESSOT